Au XXème siècle, l'art a d'abord questionné ses propres constituants, puis son domaine de validité, et enfin ses champs d'investigation. Toutes les catégories sont dès lors traversées et étudiées, et les sciences humaines, la philosophie, comme les sciences exactes sont interrogées.
La narration, le spectaculaire, le visible et l'intangible deviennent et sont désormais du domaine de la création. Mais aussi le quotidien, l'autre, le monde...
Tandis que le XXème siècle artistique ouvrait avec l'expérience des limites
(Malevitch, Duchamp, Schwitters - cf. Biennale de Lyon 93) et élargissait à l'infini ses
territoires et ses problématiques, l'invention de la photographie puis du cinématographe
modifiait profondément notre relation à la réalité, au temps, à
la mémoire, au faits et aux possibles.
L'enregistrement mécanique puis la fabrication de l'image mobile et sonore et enfin la production
de mondes totalement manipulables par l'observateur dotaient les idées, les concepts, les projets
artistiques de formes sensibles, manipulables et tangibles.
C'est pourquoi l'art contemporain aujourd'hui s'approprie la vidéo, l'informatique,
la réalité virtuelle, le cinéma : 4 cultures populaires du XXème siècle.
Partant des premières expériences où le support télévisuel
apparaît, jusqu'aux récentes recherches de la réalité virtuelle qui conjugue
informatique, images de synthèse, calcul en temps réel, perception sensorielle et immersion
dans l'image, la Biennale 95 présentera un choix d'oeuvres montrant que les artistes se sont
appropriés ces nouveaux supports technologiques du XXème siècle.
En ce sens les nouvelles technologies sont une nouvelle écriture, une nouvelle syntaxe. Elles permettent de réintroduire et de synthétiser toutes les problématiques antérieures, d'en générer de nouvelles et de les projeter dans un acte de communion. Le visiteur, sujet pensant et désormais agissant, s'immerge, vit l'image en mouvement, en direct, la produit ou la commande. L'oeuvre tient sa réalité de la présence d'un observateur/utilisateur actif. L'oeuvre interactive pénètre l'ère de la communication.
Désormais l'image est directement produite par la machine. Son statut est bouleversé. Qu'il y ait temps réel ou différé, espace vérifiable ou simulé, l'image n'appartient plus au domaine de la reproduction mais à celui de la production. Elle invente son propre monde à défaut de reproduire le nôtre.
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Biennale d'art contemporaine de Lyon 95![]() |