Cinthia Marcelle
CINTHIA MARCELLE JOCHEN VOLZ
Par le biais d’actions souvent ténues, cinthia marcelle transforme le quotidien en une oeuvre poétique. Dans « Fontaine 193 », elle fait tourner sans fin un camion de pompier en un cercle parfait, lance à incendie déclenchée, pour en faire une fontaine – 193 étant le numéro des urgences de Bello Horizonte, au Brésil. Dans Confronto, elle bloque la circulation à l’aide de jongleurs de feu, tandis que dans Capa Morada, elle se fond littéralement dans les murs de Cape Town. De la moquette aux lignes jaunes à la peinture grise qui poursuit celle des murs et de la montée d’escalier, les deux salles consacrées à l’artiste ont été pensées comme un ensemble. "Confronto est la vidéo d’une action organisée sur l’un des principaux carrefours du centre-ville de
Belo Horizonte. On voit, d’en haut, des jongleurs avec des torches enflammées qui se donnent en
spectacle devant des voitures arrêtées à un feu rouge. Chaque fois que le feu est sur le point de passer
au vert, les artistes quittent la rue, mais reviennent aussitôt que le feu est à nouveau rouge et
recommencent leur numéro. à chaque séquence deux jongleurs supplémentaires les rejoignent. Et
enfin, lorsque huit d’entre eux jonglent en même temps, et bloquent toute la largeur de la rue, ils
continuent simplement à jongler même si les feux sont passés au vert. En un rien de temps un
choeur de klaxons infernal retentit. [...] Souvent marquées par un degré d’absurdité, les oeuvres de
Marcelle semblent tirer leur force du fait qu’elles reflètent le voyage de l’artiste à travers la vie, et
son désir de comprendre et de faire l’expérience de la relation entre le moi et le monde. La série de
photographies Capa Morada, 2003, prises au Cap, en collaboration avec Jean Meeran, en est un
parfait exemple. L’artiste elle-même est représentée dans le contexte architectonique de la ville, le
corps couvert de tissus exactement dans les mêmes tons que son environnement. Le moi est camouflé
dans son contexte. Inversement, la ville commence progressivement à faire partie du moi et la
série atteint son point culminant lorsque l’artiste, disparaît, découverte, dans un train bondé." |
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