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Le Progres, 11 sepembre 1998, Lyon
"Medtiterranea"
a démarré hier soir avec des chants et danse du sud :
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Dans " Mediterranea", il y a " terre", il y a "mer", et il y a "méditer". Une saine et enrichissante occupation à laquelle le magnifique programme de la soirée d'ouverture de la 8e Biennale ne peut manquer d'inciter. En effet ce spectacle conçu par Guy Darmet, mis en scène par Dominique Lardenosi et présenté par une Elisabeth Maccoco à l'élégance altière, met en lumière évidente les influences que les traditions culturelles des pays méditerranéens ont eu sur la création artistique française. C'est bien de complémentarité, de complicité et de fraternité paisible qu'il s'agit, avec ce plateau que découvrait hier soir à I'auditorium Ravel un large public incluant un parterre de politiques où l'on reconnaissait notamment Raymond Barre, Catherine Trautmann et Jean-Jack Queyranne. Aussi réussie que le lancement de "Mama Africa" et de "Aquarela do Brasil", la mise à feu de "Méditerranea" démarre logiquement avec les origines du monde évoquées par Maguy Marin dans "Eden", puis se poursuit avec du flamenco représenté par les danseuses Manuela Carrasco, Juana Amaya et La Tolea et avec la rythmique trépidante des gnawas de Marrakech. |
Deux soli symbolisent ce spectacle inaugural et le Sud. - à la fois oriental et maghrébin - à eux seuls: Houria Aïcha pour la voix, Haïfa Bouzouita pour le corps. La voix et le corps, par le chant et la danse, la musique et la chorégraphie, chemineront de conserve tout au long de cette biennale. Indissociables, ils traduiront un Sud qui est celui de la mer et de la terre, de la mère nourricière et de nos pères fondateurs de civilisations. Un Sud berceau du monde, un Sud tour à tour mythologique, épique, lyrique, tragique, ludique, festif, exotique, essentiel. Un Sud de contrastes, entre la rigueur et l'excès, la nature et la culture, la douceur et la ferveur, la sérénité et la mélancolie. Un Sud unique et multiple, un Sud à nous faire perdre le Nord.
F. COHENDY |