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Biographie La compagnie Accrorap
Originaires de Saint-Priest, Kader Attou , Eric Mezino, Mourad Merzouki (Cie Käfig) et Chaouki Said fondent la Compagnie Accrorap en 1989. Tous autodidactes mais initiés aux arts du Cirque à l’Ecole de Cirque de Saint-Priest, leurs premiers travaux marquent déjà une forte volonté d’ouverture artistique. En 1993, grâce à la rencontre avec Gilles Rondot- artiste plasticien - la Compagnie se professionnalise et dès lors commence un véritable travail de création. En 1995, Mourad Merzouki et Chaouki Said quittent Accrorap et fondent leur propre Compagnie – Käfig - tandis que Kader Attou et Eric Mezino poursuivent leur travail artistique au sein d’Accrorap.
Depuis 6 ans, loin de se cantonner aux stéréotypes de l’univers hip hop, le travail chorégraphique de la Cie Accrorap révèle une réelle volonté de fusionner de multiples influences artistiques et culturelles (arts du cirque, danse contemporaine mais également danse classique). En effet, dès 1994, ils travaillent avec les chorégraphes de danse contemporaine Maryse Delente (Les Ballets du Nord ) et Jean -François Duroure. Ouvrir la danse hip hop à d’autres formes chorégraphiques, travailler avec différents compositeurs et musiciens, opérer de surprenants mélanges, briser les cloisonnements artistiques et dépasser les frontières culturelles telles sont les valeurs de Kader Attou et d’Eric Mezino.
La Compagnie Accrorap est soutenue par le Ministère de la Culture / Drac Franche-Comté, la Région de Franche-Comté et la Ville de Besançon et par CulturesFrance pour ses tournées à l’étranger.
Kader Attou
Kader Attou est né dans la banlieue de Lyon de parents immigrés d’Algérie. Après un parcours scolaire chaotique, il s’intéresse à l’art du cirque... et très vite prend goût à l’univers du spectacle. Grâce à sa capacité à s’ouvrir aux autres, il fait les bonnes rencontres au bon moment. Il a aujourd’hui 10 spectacles à son actif. Raconter des histoires, provoquer des rencontres, faire naître des émotions. Sa danse est généreuse, cherchant à briser les barrières, à traverser les frontières. Une danse qui refuse l’étiquette « banlieue » et revendique le dialogue entre les danses hip-hop et les autres formes de danse. Dialogue entre les cultures comme alternative à la guerre... Kader travaille en voyageant et grâce à ses spectacles, il montre une « autre image » de la France à l’étranger. Du premier voyage à Zagreb en 1993 au voyage à Ramallah en septembre 2004, les rencontres sont fortes. En janvier 1996, c’est la création de Kelkemo, en hommage aux enfants réfugiés. Grâce à ce spectacle, la compagnie se met à voyager, à découvrir le monde et à expérimenter la dimension universelle de la danse. Grâce à ses tournées à l’étranger, il approfondit la question du sens : l’énergie du hip-hop, la part de révolte qu’il contient deviennent un outil pour aller à la rencontre de l’Autre. La question du métissage, la notion de citoyen du monde sont au centre de son travail. A partir de 1999, il met son travail au service d’une recherche autour de ses origines algériennes. Ce sera tout d’abord la création de Prière pour un fou, comme un cri devant les difficultés à comprendre ce qui se joue en Algérie et pour renouer le dialogue. Ce sera ensuite un long travail d’échange et de rencontres avec de jeunes danseurs hip hop d’Alger pour faire un travail en commun. Cela donnera naissance à la pièce Douar. En 2000, il réussit à faire se rencontrer des danseurs hip hop et des danseurs classiques indiens. Il s’agit de la création Anokha -la danse des Dieux et des Hommes. Ce spectacle fait naître « un sentiment de paix », ce qui le rend universel et intemporel. La danse de Kader tire son originalité et sa nouveauté de la quête d’identité qui l’anime, une quête née de tous les déchirements, de tous les chocs, de toutes les contradictions qui la dynamisent et qu’elle exprime : l’assimilation et l’exclusion, le savant et le populaire, la modernité et la tradition, l’Europe et l’Afrique, l’Orient et l’Occident, la spontanéité et la rigueur.... Il fait partie de ceux qui donnent à la danse contemporaine un autre vocabulaire, un sens nouveau, une fonction nouvelle.
Pour plus d’information sur la compagnie et pour découvrir leur parcours en images, visitez le site www.accrorap.com.
Dans la thématique de la Biennale 2008
Dans ce spectacle, des saynettes se succèdent, tantôt très ancrées dans le réel, tantôt plus abstraites, s’appuyant sur des histoires dont on ne sait toujours pas mesurer la part de fiction. En effet, Kader Attou nourrit depuis toujours son travail des choses de la vie tout comme de l’actualité. Dans petiteshistoires.com , il révèle une part de lui, de son enfance, de sa mémoire.
De la mémoire individuelle à la mémoire collective et populaire, les récits et les souvenirs s’enchaînent et se répondent construisant ainsi notre personnalité, notre individualité. Il s’agit alors de voir comment le social agit sur l’intime, comment les souvenirs que l’on conserve définissent qui nous sommes, comment notre personnalité d’enfant modèle l’univers dans lequel nous vivons nous donne une vision singulière du monde.
Par l’intervention des danseurs, qui se livrent successivement au récit d’un souvenir d’enfance, la frontière entre l’intime et le spectaculaire se réduit, invitant ainsi le spectateur à se projeter dans l’univers qui s’ouvre à lui.
Les mots de Kader Attou
« Les courts-métrages m’ont toujours intéressé. Ce qui me plaît, c’est cette capacité à raconter des histoires en un temps très court, gommer le superflu, arriver à l’essentiel... et chercher un effet de surprise. Pour l’instant, ce sont des idées qui alimentent ma recherche, des petites histoires sous la forme de saynètes un peu comme ces petits films. Chercher, trouver et raconter en un temps très court des choses enfouies en moi, et en chacun de nous... Eveiller des souvenirs, des mots, des maux, entendre, s’entendre, s’étendre... Quand j’étais enfant, je passais mon temps à observer les papillons et rêvais de pouvoir faire un jour comme eux. Je passais mon temps à les attraper un à un, et récoltais sur mes doigts cette poussière que leurs ailes dégageaient. Je me fabriquais des ailes en carton avec trois bouts de ficelle et déposais cette poudre magique qui, pour moi, était la clef qui m’aiderait à m’envoler… Mais ce ne fut jamais le cas. Prendre la parole, et prendre sa part de rêves dans le mouvement, danser sur trois petites notes avec cette énergie qui nous est si singulière tout en parlant de choses plus ou moins graves mais avec beaucoup de légèreté. » (Kader Attou)
Le langage chorégraphique du spectacle : Un hip hop chorégraphié
Accrorap développe un langage chorégraphique au croisement du hip hop, du cirque et de la danse contemporaine. N’excluant pas le caractère performatif du hip hop dans des tableaux plein d’énergie perçus comme des démonstrations à l’image de l’univers des battles, la compagnie mêle des influences variées pour donner lieu à un vocabulaire chorégraphique singulier. De la vigueur des acrobaties inspirées du cirque à la douceur du mime, de l’énergie du hip hop à la poésie naissant de la simple présence sur scène, Kader Attou crée un univers complet générant une nouvelle forme de hip hop.
Ce qui a inspiré Kader Attou
De nombreuses références sont repérables dans le spectacle de Kader Attou. Qu’il s’agisse de la musique, des costumes ou des éléments de décor, le propos se nourrit et s’illustre de références précises, comme moment de l’Histoire qui ont compté dans sa propre histoire.
L’une des sources d’inspirations les plus repérables demeure celle qui fait allusion aux souvenirs qu’il entretient avec le film de Charlie Chaplin, Les Temps Modernes. Des éléments scénographiques aux costumes en passant par les récits de Kader Attou, nombreux sont les éléments qui nous rappellent l’univers du film de Charlie Chaplin, sorti en 1936.
Afin de vous guider dans l’univers du spectacle, nous vous invitons à naviguer à
travers le dossier thématique en lien avec Petites histoires.com. Retraçant l'histoire et
l'évolution de la culture hip hop, ce dossier vous propose de mieux comprendre son émergence et son influence et vous livre un glossaire complet sur le vocabulaire de
la danse hip hop:
>> voir le dossier
GLOSSAIRE
burlesque
Le registre burlesque (de l'italien burlesco, venant de burla, « farce, plaisanterie ») est un art du décalage qui consiste à adopter un ton grotesque pour une situation dramatique ou l'inverse.
Genre cinématographique qui échappe aux règles de la narration, le burlesque, inspiré du Vaudeville et typique de l’ère du cinéma muet des années 1910 à 1930.
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