| |
|
Le projet artistique : Retour en avant
Sans mémoire, comment construire le présent et penser le futur ?
Antonio Venancios
Intitulée Retour en avant, la Biennale de la Danse 2008 propose de s’interroger sur la question de la mémoire et de la transmission, sur la façon dont le passé nourrit le présent et comment cela influence la création chorégraphique d’aujourd’hui. Sans nostalgie, il s’agit de regarder en arrière pour mieux se projeter vers un devenir en construction.
Les spectacles programmés dans le cadre de cette 13ème édition abordent cette thématique selon des angles variés, questionnant la mémoire et le temps à travers des propositions chorégraphiques singulières.
Dans le spectacle de la chorégraphe indépendante chinoise, c’est toute la question de la tradition qui est interrogée à travers une incursion dans les danses traditionnelles chinoises à l’époque de Mao Zedong. Elle interroge la mémoire du corps et la façon dont les gestes et les mouvements restent ancrés dans l’individu.
Puiser dans les souvenirs, se remémorer sa propre histoire, c’est également ce qu’a fait Kader Attou, avec la compagnie Accrorap, pour un spectacle dans lequel les danseurs sont aussi conteurs, narrateurs de leurs histoires personnelles, celles qui ont constitué et constitue encore leur identité. Quelle est la place de nos souvenirs ? Comment ils conditionnent qui nous sommes, sont autant de question au cœur de deux créations au caractère introspectif, mais également universel. Avec la compagnie Etant Donné, c’est la mémoire du quotidien qui est taquinée, chatouillée et finalement utilisée pour créer une chorégraphie des gestes de tous les jours. C’est le banal qui devient merveilleux, le geste répété chaque jour, magnifié, pour que le quotidien devienne spectaculaire. Une nouvelle philosophie du futur ? David Rolland, lui aussi, joue des petits gestes pour mettre en scène une chorégraphie collective, construite le temps de la représentation grâce à un simple processus de transmission. Danser le quotidien ou danser à partir de consignes simples, c’est également permettre à chacun de s’essayer au mouvement, prétendre à l’idée que la danse est l’affaire de tous.
Enfin, la compagnie Impact se tourne vers l’avenir avec un spectacle qui raconte l’histoire d’un personnage face à son destin. Un destin qui lui offre différentes voies, différents choix, devant lesquels il se confronte avec la danse. Et pour finir, un saut dans le temps avec la compagnie Contour progressif, qui, sur la frontière entre le réel et le virtuel, raconte l’histoire d’un monde oscillant, un monde futuriste, inspiré de l’univers des jeux vidéos. Un monde dans lequel les codes sont différents, un monde dans lequel l’on peut se projeter sans limite.
|
|